l culture medievale
Posté le 16.03.2008 par legendiagoth
Le château désigne une résidence fortifiée d’un homme et de sa mesnie[1], c'est-à-dire son entourage. Il se définit plus par un critère social (la résidence, permanente ou temporaire, de la famille châtelaine) que par une description architecturale. Il est fortifié de manière à pouvoir résister aussi bien à une attaque directe qu'à un siège et se distingue de la maison forte ou ferté en ancien français (firmitas des hobereaux) par ses dimensions et ses ouvrages défensifs plus importants. Le château est l’instrument et le symbole du pouvoir local : il permet d’asseoir l’autorité d’un sire sur une population. Dans cette acception, les premiers châteaux apparaissent à la fin de l'époque carolingienne.
La diffusion des châteaux forts vers l’an 1000 signale qu’ils sont liés à un type particulier de société, dite « féodale ». La disparition de l’État carolingien et la régionalisation des pouvoirs, le transfert de l’autorité régalienne vers des pouvoirs locaux (la féodalisation), provoque l’insécurité liée à la rivalité des grands possédants et des petits chefs. En favorisant l’éclosion de nombreuses autorités régionales et locales, qui ont besoin d’hommes de mains, de polices, cette régionalisation militarise la société et favorise l’érection de nombreux lieux fortifiés. Du Xe au début du XVIIe siècle, l’Europe se hérisse ainsi de châteaux qui tous symbolisent un pouvoir sur les hommes et la terre. Plus le pouvoir territorial des principautés régionales est fort, moins il y a de châteaux, au contraire plus il est faible, plus ils sont précoces et nombreux. Ainsi, dans les régions germaniques (à l’est d’une ligne Saône-Rhône) où l’empereur reste puissant jusqu’au XIIIe siècle, l’apparition des châteaux est plus tardive et la diffusion plus limitée (au moins jusque vers le deuxième quart du XIIe siècle). Dans le midi et l’ouest de la France où le pouvoir royal est absent et les autorités régionales des ducs et des comtes limitées, les châteaux sont beaucoup plus nombreux et apparaissent de façon nettement plus précoce (parfois dès la fin du IXe siècle, plus couramment dans la seconde moitié du Xe siècle). Le développement de la royauté capétienne les limite dès le XIIIe siècle. Si la disparition de l’État central et la régionalisation forcée de l’Europe, provoquée par les intérêts des chefs de guerre et des grands possédants, a fait naître le château (au Xe siècle dans l’Ouest de la France, aux XIIe-XIIIe siècles dans l’Empire : Allemagne, Est de la France, Italie), le développement des États modernes les fait disparaître au XVIIe siècle.
Tous les possesseurs de château n’ont pas la même autorité seigneuriale. Les princes, comtes et grands dynastes, qui exercent une autorité territoriale, construisent de vastes châteaux pour loger les nombreux chevaliers et « ministériels » qui sont leur armée et leurs « fonctionnaires ». Les petits seigneurs doivent se contenter d’une Maison forte, une tour ou un logis dans une petite enceinte. Ainsi défini, les critères paraissent simples. Mais les princes ont besoin pour tenir leur pays de nombreux postes militaires, parfois simples tours, qui sont défendues par peu d’hommes. Par ailleurs, des seigneurs de village, enrichis par la guerre et les fonctions (les services rendus), ont les moyens d’élever de prestigieuses constructions. Certains châteaux ont une enceinte spéciale servant de refuge à la population environnante. Mais la fonction du château et la volonté des pouvoirs régionaux n’est pas de défendre la population, mais de la dominer. Le château ne défend que le pouvoir du seigneur.
À partir de l’époque de Philippe-Auguste et de Richard Coeur-de-Lion (fin du XIIe - début du XIIIe siècles), la fortification est de plus en plus souvent l’affaire d’«ingénieurs ». Jusque-là, on cherchait des sites favorables et on comptait surtout sur l’épaisseur et la hauteur des murs. Le développement d’une architecture militaire offensive (lié à la diffusion des machines de guerre) permet de s’établir dans n’importe quel site, n’est plus tributaire du relief, et a pour contrecoup la recherche d’une architecture à caractère davantage palatial. La synthèse entre château et fort devient plus difficile comme le montrent les châteaux de Saumur ou la Ferté-Milon ou bien produit des édifices sévères comme à Tarascon. La grande majorité des châteaux-forts a été élevée par les seigneurs de village ; ce sont donc des maisons-fortes qui ont des formes très variées (plus diverses que celles des grands châteaux), selon les époques et les régions, assez accessoirement tributaires de l’évolution de l’art militaire. La maison forte est aussi ancienne que le château, mais la plupart d’entre elles ont été reconstruites pendant ou après la guerre de Cent Ans.
Le vocabulaire du château emprunte celui du costume : l’enceinte haute est la chemise, les enceintes basses sont les braies (mot d’origine gauloise désignant le pantalon). Le donjon est aussi appelé beffroi, tour haute, tour maîtresse. Pour les autres termes, voir l’illustration.
Les ressources documentaires médiévales utilisent un vocabulaire divers et relativement flou pour désigner les châteaux : le castrum (au pluriel castra) se confond avec le castellum (castella) pour décrire un lieu fortifié.
Quand et comment sont apparus les premiers châteaux ?
Au IXe siècle, l'édit de Pîtres encourage la construction de forteresses pour faire face aux invasions scandinaves qui menacent la France occidentale. La multiplication des châteaux répond à un contexte d’insécurité : raids vikings et sarrasins, puis violences de petits seigneurs brigands, menacent les paysans et leurs récoltes. Ces châteaux sont d'abord sous l'autorité des comtes et des ducs, qui sont les délégués du roi dans les « régions » (pagi). Ces représentants se constituent des principautés autonomes et confient leurs forteresses à des délégués (vicomtes, viguiers, centeniers, officiers châtelains). Aux XIe et XIIe siècles, ces derniers usurpent les prérogatives publiques (rendre la justice, lever une armée, collecter les impôts). Les partages successoraux accentuent l'émiettement du pouvoir. Ils font construire, de manière illégale, des châteaux
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Posté le 12.02.2008 par legendiagoth
Contrairement aux idées reçues, à cette époque, beaucoup de plats demandaient une longue préparation, de nombreux ingrédients et ne manquaient pas de raffinement.
Durant les périodes troublées du haut Moyen Âge, les épices ont abandonné les cuisines et les tables de l'Europe occidentale en raison de leur coût élevé.
À partir du XIe siècle, elles réapparaissent.
Nous n'avons toutefois pas de recueils culinaires manuscrits avant la fin du XIIIe siècle. La plupart de ceux qui existent ensuite sont anonymes ; en langue française, latine ou dialectale italienne.
Les différents livres connus sous le nom français de « viandiers » (1) ont une origine commune : un texte sur rouleau, de la fin du XIIIe siècle. Un manuscrit du XIVe siècle en attribua la paternité à Guillaume Tirel, dit Taillevent, cuisinier du roi Charles V puis de Charles VI, qui conserva cette attribution douteuse. D'autres « maistres queux » ont laissé leur nom, comme Maître Chiquart ou Maître Martinot, affectés tous deux à des tables princières.
À la fin du XIVe siècle, un bourgeois de Paris écrivit le Ménagier de Paris , un traité de conseils pratiques et moraux et de gestion domestique qui reprend, pour la partie culinaire, les recettes du viandier Taillevent.
Tout le monde n'avait pas la même table, et il y avait une très grande inégalité entre les différentes tables et ce qu'on y servait.
Les tables royales ou de grandes noblesse, celles des petits seigneurs, des riches bourgeois, des artisans et des marchands, des professions de robe, des manouvriers et des paysans, du haut et du bas clergé, du clergé séculier et du clergé régulier, et même des gens des villes et des gens des campagnes sont diversement pourvues en quantité et en qualité.
Les menus diffèrent selon les saisons, les jours de fête et les jours ordinaires ou les jours de carême.
L'usage des épices
Comme la cuisine antique, la cuisine médiévale fait grand usage d'épices très variées et mélangées. L'aigre-doux est apprécié, par exemple ; les recettes mêlent hardiment les saveurs salées, sucrées, acides, épicées, poivrées.
Il serait vain de croire que l'emploi de ces ingrédients était destiné à masquer la puanteur des produits avariés. Sans réfrigérateur, ni congélateur, on connaissait très bien les différentes manières de conserver les viandes (« chairs ») et les poissons : les graisses animales ou végétales, le sel, la fumure ou le séchage, la neige et la glace lorsqu'il y en avait.
Le raffinement consistait non pas à cacher un goût, mais à le révéler ou l'harmoniser avec d'autres.
Les épices utilisées à l'époque : poivre, curcuma, clou de girofle, noix muscade et macis, badiane (dite aussi « anis étoilé »), coriandre, cannelle, safran, cardamome, graine de paradis, gingembre, galanga, origan ou marjolaine, persil, fenouil, hysope, menthe, basilic, ail, oignon, échalote.
1) Le terme de viandier est un terme générique qui signifie les « vivres » et les « viandes », appelées « chairs » au Moyen Âge.
Rituels et usages de table
Au Moyen Âge, il n'y avait en général que deux repas par jour ; le déjeuner, appelé à l'époque dîner, se faisait entre 10 heures et 11 heures du matin, tandis que le repas du soir, le souper, se prenait entre 16 heures et 19 heures.
Les jours de fête étaient l'occasion de rompre avec la monotonie des repas quotidiens. C'étaient alors de véritables débauches de viandes et de vins. Par exemple, pour 30 convives, on prévoyait 10 chevreaux, 4 veaux, 2 services de poisson, des quartiers de porc, 57 poulets, 25 fromages, 69 pâtés, 143 tartelettes, des pommes, des noix et autres fruits, plus de 450 litres de vin blanc.
La table médiévale était souvent mobile, on installait une planche de bois sur des tréteaux. La place de chacun était codifiée selon son rang social. Mis à part le prince, tous partageaient écuelles et verres.
Posté le 12.02.2008 par legendiagoth
Au Moyen Âge on compte une centaine de jours de fête par an. Les « vacances » telles que nous les connaissons n'existaient pas. Les écoliers rentraient chez eux pour la saison de la moisson et des vendanges, mais ils reprenaient le chemin de l'école plus fatigués qu'avant.
Afin d'oublier un quotidien trop monotone, on a trouvé mille et une occasion de festoyer.
Quels que soient son âge et sa condition sociale, l'homme médiéval s'amuse et se distrait. À cette époque, on pouvait compter jusqu'à plus de cent jours de fête par an, comme les victoires militaires, les naissances, les mariages des seigneurs, les combats entre chevaliers, ainsi que les manifestations religieuses, les nombreuses processions… Tout est prétexte à faire la fête !
Ces fêtes populaires animent les rues, qui vibrent au son des diverses animations : jongleurs, montreurs d'animaux, de chiens savants, acrobates, lanceurs de couteaux, avaleurs de sabres, musiciens jouant de tous instruments, danses, dont la carole, l'estampie, la saltarello et le branle. Sans oublier les représentations théâtrales, les ménestrels, les bouffons, bateleurs et conteurs.
Les jeux font aussi partie intégrante des festivités . Nombreux et variés, ils sont destinés à tous : paysans et nobles gens, petits et grands. Les jeux de rue, comme colin-maillard, se pratiquent autant que les jeux physiques, comme les tournois de chevaliers, et les jeux de plateau, comme les échecs.
Il existe un nombre impressionnant de jeux qui sont encore pratiqués de nos jours, les jeux de dames ou le jeu de soule, ancêtre de notre rugby actuel.
Les fêtes calendaires les plus importantes sont :
• La fête de Noël (25 décembre)
• La fête des Saints-Innocents (28 décembre)
• La Saint-Sylvestre (1er janvier)
• La fête des Rois/Épiphanie/Théophanie (6 janvier)
• La Chandeleur (2 février)
• Le carnaval (mardi gras, quarante jours avant Pâques)
• La mi-carême (rupture du jeûne en plus des dimanches : carnaval Brandon)
• Le jeudi saint
• Le vendredi saint
• La fête de Pâques (fin du jeûne, fin de l'abstinence)
• L'Ascension
• La Pentecôte
• La Saint-Jean (21 juin)
• La fête de la Vierge (15 août)
• La Saint-Michel
La fête des douze jours s'étend du jour de Noël à l'Épiphanie.
Pour la fête de Noël, on veille deux fois : avant minuit et après la messe, où l'on re-veille (d'où notre réveillon actuel) en dînant grassement d'une oie. La dinde que nous connaissons est une importation américaine au XVIIIe siècle, car ce volatile n'existe pas en Europe, mais s'est bien adapté à nos contrées.
La bûche de Noël : chacun apporte une bûche pour entretenir le foyer et faire cuire l'oie.
C'est l'occasion de grands banquets. Ils sont codifiés par des règles de bienséance, des règles de table (ivresse proscrite…).
La Saint-Sylvestre : il est interdit de se déguiser en cerf pour cette fête en référence au dieu celte Cernunos, représenté nu avec une tête de cerf !
L'Épiphanie : on mange de la galette posée sur un plat appelé le tiphanier, mais qui est aussi le nom du plateau qui sert à porter le roi.
Les fêtes rituelles
• Le charivari : il salue un mariage jugé étrange (vieillard avec une jeune, voire pauvre avec riche, où le mari se fait battre par sa femme…). Dans les rues, on fait du bruit, on tape des casseroles en pleine nuit et on fait faire à l'époux le tour de la ville juché sur un âne. Ces farces sont organisées par des jeunes gens menés par un chef élu, appelé l'« abbé des cornards ». Elles prennent fin lorsque les mariés leur offrent à boire.
• Tous les événements qui se déroulent au château sont l'occasion de fêtes où les paysans, vassaux, pauvres, sont conviés et mangent abondamment et dansent (baptêmes, mariages…).
• Les arrivées princières ou royales sont l'occasion de décorer les rues avec des arcs de triomphe fleuris, d'offrir des spectacles éblouissants et des banquets interminables où le peuple est abreuvé. Certains jours, du vin coule des fontaines (à Florence ou Dijon, la bonne ville des ducs de Bourgogne).
• Des fêtes sont organisées par les bourgeois, les confréries, le peuple de la jonglerie, qui lui aussi a son roi.
• Fête du saint patron de la ville : on organise des processions, et les malades, les infirmes, tout le monde se prosterne et prie devant les reliques qui sont exposées.
• Les flagellances : pendant les périodes de famine, de sécheresse ou de peste, les hommes se masquent le visage de toile noire et se flagellent à grands coups de fouet en procession pour calmer les colères du ciel.
• La fête des fous : carnaval marquant la fin de la rudesse hivernale, le monde est renversé. En ces jours où tous les écarts sont admis avant les privations du carême, les hommes d'Église sont l'objet de toutes les moqueries et railleries. Ainsi le roi des fous, juché sur un âne, est costumé en évêque, les pauvres sont déguisés en riches, les hommes en femmes. Le cortège ainsi masqué déambule dans les rues jusqu'au château, divertissant par son accoutrement le seigneur et ses convives.
• La quadragésime : on allume des feux, les hommes sautent par-dessus et les femmes dansent autour.
Posté le 14.03.2008 par legendiagoth
Les Foires de Champagne aux 12 ème et 13 ème siècles.
Les foires de Champagne forment, dès la fin du XIIe siècle, un cycle équilibré de foires principales et secondaires qui procure aux hommes d'affaires une place commerciale presque permanente.
* 2 au 15 janvier : foire de Lagny
* mardi avant la mi-carême au dimanche de la Passion : foire de Bar-sur-Aube
* semaine de la Passion : foire de Sézanne
* mai : foire Saint-Quiriace de Provins
* 24 juin à la mi-juillet : foire « chaude » ou de la Saint-Jean à Troyes
* septembre : foire Saint-Ayoul à Provins
* début d'octobre à la semaine avant Noël : foire « froide » ou de la Saint-Remi à Troyes
Les comtes de Champagne qui gouvernaient la région comprirent dès l’an 1000 l’importance économique du commerce à longue distance, et savent tirer parti de la situation géographique des villes de Champagne. Sur la route vers l’Est de l’Europe, elles sont en effet le passage obligé entre les ports de la mer du Nord et ceux de la Méditerranée, entre les plaques tournantes du commerce que constituent la Flandre et l’Italie, tournées l’une vers l’Europe du Nord et de l’Est, l’autre vers Byzance, l’Afrique et l’Orient. Provins est alors un carrefour de routes, où convergeaient 9 chemins principaux et 11 secondaires.
Ils peuvent poursuivre un contrevenant dans toute l’Europe. Les privilèges accordés par le comte aux marchands établissent vite la réputation de la foire, mue par une bonne coutume commerciale. Les artisans de Provins sont dopés par ces échanges et l’industrie du drap prend un essor important, jusqu’à devenir une spécialité connue dans toute l’Europe. La foire est aussi l’occasion de fête avec des spectacles de musique et de jonglerie.
Ce site permet à la foire, deux fois par an, de devenir un des hauts lieux du commerce en Europe, particulièrement aux 12ème et 13 ème siècles.
Les foires sont des lieux de commerce de gros. On ne vend pas au détail, cela est réservé aux marchés. On achète par ballots, ou tonneaux. Le succès des Foires de Champagne est dû en partie à la protection que les comtes accordaient aux marchands. Ils le font d’autant plus de bonne grâce que les foires les enrichissent. Ainsi les comtes ont organisé sur leur territoire les « conduits des foires ». Ils font escorter à leurs frais tout convoi de marchands désireux de se rendre à la foire. Dans les chemins difficiles et peu sûrs du Moyen Age, où l’on met six semaines pour arriver de Navarre, cela constitue un sérieux avantage. Sur place, les comtes organisent la sécurité grâce à des gardes de foire et à leur lieutenants. Ils jugent en procès, exigent le paiement des droits de vente, président aux contrats, réglent les litiges.
Il faut imaginer une extraordinaire cohue d’hommes venant de tous pays qui échangeaient non seulement des marchandises mais aussi des idées. Ces foyers de rencontre sont essentiels pour l’évolution des sociétés. Chaque pays y va de son influence et la Champagne joue un rôle prépondérant dans le domaine de la littérature, de l’art et du goût. Toute la richesse de l’occident naîtra de cette période faste, qui s’accompagne d’une demande culturelle de plus en plus raffinée. De même, l’église importe d’Afrique de l’ivoire et des bois précieux et d’Orient des pierres qui viennent décorer les objets religieux. Cette période du commerce florissant s’acheve progressivement au cours du 14ème siècle, lorsque les routes du commerce européen évoluent avec le passage des Alpes par les cols, et l’utilisation accrue du détroit de Gibraltar. Les guerres de religion, les épidémies et l’abolition des privilèges aux marchands porte le coup de grâce aux foires de Champagne, celle de Provins, mais aussi celle de Troyes, de Lagny et de Bar-sur-Aube.
Posté le 12.02.2008 par legendiagoth
Les jeux qu'apprécient les hommes du Moyen Âge sont hérités, pour la plupart, de ceux pratiqués par les Égyptiens, les Romains et les Grecs. D'autres proviennent de la lointaine Asie après avoir transité par les pays arabes. Le divertissement est souvent associé aux jours de fête religieuse, mais également, vers la fin du Moyen Âge, aux dimanches (fériés depuis 1321).
Après avoir assisté à l'office, tout le monde regarde les processions, chante, danse, admire les artistes ambulants, jongleurs, montreurs d'ours et de singes savants, funambules, acrobates, avant de s'adonner pour le restant de la journée aux multiples jeux.
Car au Moyen Âge, tous jouent : les rues et les châteaux s'animent au rythme des affrontements de la soule, des parties d'échecs, des rires des enfants à colin-maillard, …
Jeux d'enfants
Les enfants se divertissent aux osselets, jouent au cerceau, à la toupie, au ballon (en peau et en chiffon), aux billes (faites d'argile, de noix, de marrons), au diable boiteux ou à colin-maillard…
Et si certains jeux d'adultes, comme les dés ou la lutte, sont pratiqués par les enfants, certains jeux d'enfants amusent également les adultes : la marelle, les billes…
Jeux de société
Les échecs : chevaliers et nobles gens s'exercent aux échecs et développent ainsi de véritables stratégies guerrières.
Le jeu du roi qui jamais ne ment : aimable divertissement dont le but était de répondre aux questions insidieuses, curieuses ou oiseuses, brièvement et avec le plus de repartie possible (actuel jeu « action ou vérité »).
Le jeu du propos : consistait à se placer en cercle et à dire à tour de rôle, dans l'oreille de son voisin, un mot qui n'avait rien à voir avec ce que l'on venait d'entendre.
Le jeu du « chapifou » ou du « qui ferry ? » : on désignait un joueur, on lui bandait les yeux et on le plaçait au milieu des autres, à charge pour lui de reconnaître celui qui l'avait frappé avec plus ou moins de vigueur.
Jeux d'adresse et de hasard
Le billard de terre : se jouait en plein air avec un bâton, gros et court, pour pousser les billes au ras de terre.
Le jeu des jonchets : il consistait à étaler sur une table des bâtonnets et à les retirer un à un sans déplacer les autres (actuel mikado).
Le jeu de dés : il a exercé au Moyen Âge une influence profonde sur les comportements, et sa place dans la société médiévale est loin d'être anecdotique. Ainsi de nombreuses fortunes ont été brisées par une trop forte passion du « geux de dez ».
Le dé médiéval, appelé « alea », « taxillus », « madame », « decius » ou « dez », est fabriqué par les « deiciers » en os, corne, bois, argile ou cire pour les exemplaires communs et ivoire, or, argent, pierre et pâte de verre pour les plus prestigieux. Ce sont les accessoires les plus personnels au Moyen Âge.
Le marquage (« pointure ») des dés du Moyen Âge est identique à celui de notre époque : le total de deux faces opposées est toujours égal à sept. Un dé ne respectant pas cette règle est dit « mespoinz ».
Exercices militaires
Le béhourd : on pouvait s'entraîner sur un champ ou dans les lices du château, en s'élançant l'un contre l'autre, rompant des lances et tâchant de se désarçonner mutuellement.
La quintaine : gros mannequin avec haubert et écu fixé sur un pieu enfoncé dans le sol ; les chevaliers tentaient au grand galop de frapper la quintaine de leur lance au milieu de son écu. Ils n'avaient le droit qu'à cinq tentatives, d'où le nom de cet exercice. Si le coup était dévié, le mannequin pivotait, et l'un de ses bras, muni d'une masse d'armes, envoyait le maladroit mordre la poussière. C'était un exercice de préparation à la joute. Mais il dériva et devint un jeu de manants.
Les tournois : le véritable sport de l'aristocratie médiévale, c'est la guerre. On se livre donc au tournoi ou à la joute, qui sont ordonnés selon des règles très strictes :
Présentation des champions et des bannières.
Armement du chevalier par le soin de l'écuyer.
Choix de la dame.
Des hérauts d'armes donnaient le signal des combats.
Les vaincus devaient abandonner leurs chevaux, leur harnachement, payer rançon. Un prix était accordé aux vainqueurs : faucon dressé, couronne, mouton doré.
Jeux de balle et de main
Le jeu de boules : il correspond à notre actuel jeu de pétanque. Il était très apprécié des paysans dans leurs moments de détente. L'enjeu pouvait être le vin, le cidre ou la cervoise.
La soule, ou la choule : c'est l'ancêtre de notre football actuel et probablement aussi du rugby et du hockey.
La soule se jouait avec l'éteuf – un gros ballon fait de paille, de mousse ou de foin qui était placé dans un étui de bois circulaire. On pouvait jouer avec les pieds, les poings, ou encore avec des bâtons recourbés. Il s'agissait de faire pénétrer la balle dans le camp adverse. On s'affrontait entre habitants du même village, par exemple, l'équipe des célibataires défiait l'équipe des hommes mariés. Ce jeu brutal pouvait aussi mobiliser une paroisse contre une autre, et l'affrontement n'avait alors rien d'amical, la partie se transformant en bataille rangée dont l'enjeu était la conquête d'un champ (très important quand il délimitait deux villages).
Le jeu de paume : très prisé par la noblesse du Moyen Âge, ce jeu se pratiquait à l'extérieur ou dans un espace spécialement aménagé. On se servait du creux de la main pour lancer la balle, car ce n'est qu'à la fin du XVe et au début du XVIe siècle que l'on voit apparaître la raquette ou le battoir.
Posté le 21.03.2008 par legendiagoth
La castellologie (du latin castellum, château) est la discipline qui étudie le château du Moyen Âge et par extension l'architecture fortifiée de cette période. Le castellologue en est le spécialiste.
Par extension, la castellologie étudie aussi l'architecture fortifiée du Moyen Âge: enceintes urbaines, églises et abbayes, ports, fermes, ponts, moulins.
Son approche est pluridisciplinaire, ce qu'illustre la formation diverse de ses chercheurs (historiens de l'art, archéologues, architectes). Un château ne peut se comprendre en effet sans une analyse de son contexte historique, politique, social et économique. Son étude nécessite aussi bien une approche monumentale qu'une approche archéologique et implique le recours à de nombreuses spécialités.
La discipline garde cependant ses spécificités, notamment un vocabulaire précis pour désigner les édifices dans la mesure où elle considère avant tout leur aspect architectural et leur décor.