Rubriques

>> Toutes les rubriques <<
· * GOTHIQUE (2)
· * moi en photos (9)
· * MY ARTWORK (6)
· * SITES & FORUMS liens. (11)
· * sondage & avis (21)
· . Répertoire Légendaire (123)
· A) Alchemy Gothic (157)
· B) Begoths (53)
· C) Démonologie (59)
· D) Personnalités (9)
· E) Photographie Gothique. (44)
· F) L'ombre dans le miroir (GALERIE DES ARTS) (500)
· G) musique & groupes (253)
· H) cinémathèque (76)
· I) the crow. (12)
· J) ville de troyes. (29)
· K) vestiges médièvaux (65)
· L) culture médievale (6)
· M) lire au coin du feu (127)
· N) vampire & collin de plancy. (31)
· O) absinthe & fée verte (29)
· P) images de vampires (110)
· Q) parcs d'attractions (52)
· R) images sorcieres (33)
· S) les faucheuses & la mort (40)
· T) les roses... (26)
· U) L'Étrange Noël de Monsieur Jack (28)
· V) médievale provins 2008 (118)
· W) citrouille d'halloween (83)
· X) licorne (139)
· Y) les elfes (66)
· Z) les dragons (116)
· Z. les sirènes (57)

Rechercher
Derniers commentaires

cc! ton blog est super! ...
(Voir la suite)
Par Camille, le 06.11.2009

c nul sa ...
(Voir la suite)
Par fucka , le 05.11.2009

magnifique !!!! cette femme est très belle et réunis tous cke j'aime dans le style gothik ! ouah !!! jsuis fan...
(Voir la suite)
Par Carole, le 30.10.2009

toutes très belles, j'adore ce style tu as un super blog kiss ...
(Voir la suite)
Par dancetaria05, le 28.10.2009

hello tu as un super blog, j'adore tes photos, je t'en ai prises quelque unes, en espérant que tu ne m'en voud...
(Voir la suite)
Par dancetaria05, le 28.10.2009

javou il gére ;)...
(Voir la suite)
Par Anonyme, le 28.10.2009

elle est magnifique c exactement se que je cherche. ou je peut trouver cette nessemble? merci de me contacter ...
(Voir la suite)
Par annabelle, le 24.10.2009

je suis a la recherche de the crow en série tv en dvd jouer par mark dacascos et sabine karsenti.je recherche ...
(Voir la suite)
Par raffanel stephane., le 23.10.2009

tro bo! ...
(Voir la suite)
Par Anonyme, le 16.10.2009

pareil que dorian, j'etais persuadée que tu serais un homme!!! ton blog est super, merci pour les images!!!!...
(Voir la suite)
Par stéphanie, le 14.10.2009

Articles les plus lus

· Histoire des Vampires et des Spectres Malfaisans par Collin de Plancy
· fée
· Phénix
· Photographie GOTHIQUE
· Eluveitie
· fêtes au moyen age.
· L'etrange noël de Mr Jack
· rammstein
· Dame à la licorne
· licorne
 

Statistiques

Date de création : 31.01.2008
Dernière mise à jour : 13.01.2009
2555 articles


Blogs et sites préférés

· forum vampire at eternal


n) vampire & collin de plancy.

Histoire des Vampires et des Spectres Malfaisans par Collin de Plancy

Publié le 01/03/2008 à 12:00 par legendiagoth
Histoire des Vampires et des Spectres Malfaisans par Collin de Plancy
PRÉFACE

Dans ce 19e siècle, si grand, si éclairé, si remarquable par ses lumières, on aurait pu croire que les Vampires ne seraient regardés que comme une monstruosité indigne d'un seul moment d'attention : lorsqu'on rit de pitié au récit des effroyables histories des loups-garous, des sorciers, des revenants et des spectres, devait-on penser que la France s'occuperait des Vampires de ces morts qui sortent en corps et en âme de leur cercueil pour venir sucer les personnes vivantes, leur donner la mort, et s'engraisser de leur sang !
Voltaire s'étonnait que les Vampires eussent osé paraître en 1730 : que dirait-il s'il les voyait revenir aujourd'hui effrayer les jeunes gens, troubler les sens de nos dames, et déranger les cerveaux mal affermis ?
Lorsque d'imprudents écrivains, sous prétexte d'éveiller des sensations fortes dans les âmes blasées, égarent les imaginations par les épouvantables aventures des Vampires, sans songer à détruire par un antidote satisfaisant le mal que peuvent causer leurs romans hideux, les amis de la sagesse applaudiront peut-être aux efforts qu'on a faits ici pour donner au lecteur une idée précise des Vampires, des qualités monstrueuses que la superstition leur attribue, des atrocités qu'on leur reproche. On pense surtout que le lecteur ne sera pas fâché de trouver à la suite de l'Histoire des Vampires un examen des causes qui ont pu faire croire à l'existence de ces spectres, et qui peuvent montrer aujourd'hui quel cas on en doit faire.
On a observe avant nous que la croyance aux Vampires est une abomination anti-religieuse, qui outrage la divinité et la morale éternelle. Comment Dieu, qui est essentiellement bon, juste, sage, puissant, permettrait-il à des morts de sortir de leur tombe en chair et en os (ce qui ne doit avoir lieu qu'à la grande résurrection, pour le jugement dernier), de venir sucer, étouffer, tuer en peu d'instants des personnes étrangères, des êtres innocents, de jeunes filles, des fiancées?...où a-t-on puisé cette doctrine exécrable ? Si le vampirisme avait quelque fondement, il faudrait croire que Dieu n'a plus de puissance, et que Satan gouverne désormais ce malheureux monde sublunaire.
Des prêtres cependant ont favorisé la croyance aux Vampires et aux spectres malfaisants : ils avaient déjà imaginé les revenants qui demandent des prières : l'égoïsme et l'intérêt expliquent toutes ces scélératesses : la terreur est un moyen nécessaire pour ceux qui ne savant pas conduire les homes par la raison.
On a cru qu'en publiant cette histoire on contribuerait encore à déraciner ces noires superstitions que tant de sages esprits s'appliquent à combattre. On l'a fait sans y attacher de gloire : d'ailleurs ce livre n'est, comme on dit, qu'une compilation. On a profité des savants dissertations de D. Calmet sur les apparitions, les revenants et les Vampires ; et ceux qui ont un peu lu remarqueront qu'on a fait entrer ici tout ce qu'il y avait de remarquable dans les deux volumes du vertueux bénédictin. Mais on a eu soin de remonter aux sources qu'il avait indiquées, et souvent on a découvert des passages que sa position et sa robe lui défendaient de rapporter, et que les lecteurs actuels ne regretteront pas de connaître.
Du reste, outré une foule de traits et d'aperçus nouveaux, on a donné aux recherches confuses de D. Calmet un ordre méthodique; on eu a tire des conséquences plus précises, et l'on espère eu quelque sorte avoir fait un ouvrage nouveau.
On observera sans doute encore que ce travail, tout imparfait qu'il est, a nécessité de longues recherches et quelque constance.

Histoire des Vampires et des Spectres Malfaisans par Collin de Plancy

Publié le 01/03/2008 à 12:00 par legendiagoth
Histoire des Vampires et des Spectres Malfaisans par Collin de Plancy
CHAPITRE Premier.

Introduction. -- De ce qu'on entend par un Vampire.

Ce qu'il y a de plus étonnant dans l'histoire des Vampires, c'est qu'ils ont partagé avec nos grands philosophes l'honneur d'étonner le 18e siècle ; c'est qu'ils ont épouvanté la Lorraine, la Prusse, la Silésie, la Pologne, la Moravie, l'Autriche, la Russie, la Bohème et tout le nord de l'Europe, pendant que les sages de l'Angleterre et de la France renversaient d'une main hardie et sûre les superstitions et les erreurs populaires.
Chaque siècle, il est vrai, a eu ses modes ; chaque pays, comme l'observe D. Calmet, a eu ses préventions et ses maladies ; mais les Vampires n'ont point paru avec tout leur éclat dans les siècles barbares et chez des peuples sauvages ; ils se sont montrés au siècle des Diderot et des Voltaire, dans l'Europe, qui se dit civilisée.
Et tandis que ces spectres désolaient le Nord, le Midi exorcisait les possédés ; l'Espagne et l'Italie condamnaient des sorciers ; Paris assistait aux convulsions du cimetière Saint Médard.
On a donné le nom d'upiers, oupires, et plus généralement vampires, à des hommes morts depuis plusieurs années, ou du moins depuis plusieurs mois, qui revenaient en corps et en âme, parlaient, marchaient, infestaient les villages, maltraitaient les homes et les animaux, suçaient le sang de leurs proches les épuisaient et enfin leur causaient la mort . On ne se délivrait de leurs dangereuses visites et de leurs infestations qu'en les exhumant, les empalant, leur coupant la tête, leur arrachant le Coeur ou les brûlant. --Ceux qui mouraient sucés devenaient Vampires à leur tour.
Le petit nombre de savants qui jusqu'ici ont écrit sur les Vampires soutient que l'antiquité n'a eu aucune connaissance de ces sortes de spectres. Il n'est peut être pas impossible de prouver que les anciens avaient aussi leurs Vampires ; et c'est ce que nous allons essayer avant de passer aux aventures toutes récentes.
Nous parlerons dans cette première partie des différents Vampires qui ont pu se montrer jusque vers le 12e siècle. La seconde partie suivra ces mêmes spectres jusqu'aux jours de leur lustre et jusqu'à la décadence du Vampirisme au milieu du dernier siècle.

Histoire des Vampires et des Spectres Malfaisans p

Publié le 01/03/2008 à 12:00 par legendiagoth
Histoire des Vampires et des Spectres Malfaisans p
CHAPITRE II.

Des Apparitions chez les peuples anciens.

Un Vampire est un mort qui sort du tombeau, un revenant matériel qui apparaît, qui tourmente, qui annonce la mort, qui la donne, et contre qui il faut procéder.
Il n'est pas besoin de dire que les apparitions ont été des objets sacrés de croyance chez toutes les nations anciennes. Dans l'enfance des peuples, c'est à dire à toutes les époques d'ignorance et de barbarie, les hommes vivant isolés ont en des terreurs et aussitôt des superstitions.
Ils trouvaient dans leurs coeurs la certitude de l'existence d'un Dieu ; mais le sentiment du libre arbitre (qui ne peut exister si le monde n'est mêlé de biens et de maux, de vices et de vertus) était d'une métaphysique trop profonde pour frapper des âmes grossières. Ils imaginèrent un génie méchant qui présidait à tous les maux de la terre, et qui était en continuelle opposition avec Dieu, auteur du bien, créateur et conservateur de la nature ; ils donnèrent à ce mauvais génie des esprits subalternes, exécuteurs de ses ordres. Des esprits envoyaient les tempêtes, les météores, les orages ; mais ils ne se montraient que la nuit parce qu'ils redoutaient Dieu, beaucoup plus puissant qu'eux. Les habitants des côtes de la Bretagne, qui peuvent encore nous donner une idée des peuples enfants, conservent toutes ces opinions. Chez eux l'homme rouge parcourt la nuit les bords de la mer, et y précipite l'imprudent qui ose affronter son approche; la fantôme volant déracine les arbres, renverse les chaumières. Mille spectres semblables sèment l'effroi autour des cabanes. Au murmure des vents, au bruit lointain des vagues agités, le paysan breton mêle, dans son esprit troublé, les cris d'us malheureux que les démons étouffent ou qu'ils entraînent au sein des flots. Il est probable que tous les peuples anciens eurent des idées pareilles.
Or lorsqu'un individu égaré périssait sous la main des brigands, on sous les coups de la tempête, ou par tout autre accident, on publiait qu'un mauvais génie l'avait tué. On inventa même des anges de la mort, des démons, qui venaient prendre et emporter l'être qui partait de ce monde. On ne croyait donc pas que la mort fût un anéantissement total : on savait déjà que l'âme survit à sa dépouille ; de là au système des revenants il n'y eut qu'un pas. L'âme qui avait été arrachée à de tendres affections venait effrayer ses ennemies, les tourmenter, leur annoncer la mort.
Lorsque la sorcière d'Endor fait paraître Samuël devant Saül le fantôme dit au roi : Demain toi et les fils vous viendrez me rejoindre. Il est certain qu'alors la foi aux apparitions était répandue chez les Juifs, puisque Saül demande une femme qui sache évoquer les esprits ou revenants.
Anchise se montre à son fils dans l'Enéide, Romulus apparaît après sa mort; il y a des apparitions dans Homère et dans tous les monuments anciens ; et sans doute parmi les spectres d'alors il y avait déjà des Vampires, puisqu'on leur offrait du sang. Lorsqu' Ulysse évoque l'ombre de sa mère, il lui fait boire du sang de bélier noir ; et toutes les autres ombres sont si avides de ce régal qu'il est obligé de les éloigner avec violence pour laisser à Anticlée tous les plaisirs du festin.

Histoire des Vampires et des Spectres Malfaisans par Collin de Plancy

Publié le 01/03/2008 à 12:00 par legendiagoth
Histoire des Vampires et des Spectres Malfaisans par Collin de Plancy
CHAPITRE III.

Des Repas funèbres et des Terreurs superstitieuses qu'ils produisirent .

C'était jadis une cérémonie bien solennelle, bien auguste aux yeux des peuples idolâtres que l'usage où ils étaient d'offrir de somptueux repas aux dieux des enfers. La superstition, qui va toujours croissant quand elle s'est une fois introduite, inspira bientôt à ces mêmes peuples de rendre aux ânes des morts les mêmes honneurs qu'on avait rendus jusqu'alors à la cour infernal. On offrit des festins aux cadavres pour apaiser leurs âmes.
L'appareil de ces festins, le silence profond qui y régnait, l'obscurité du lieu où se faisait cette cérémonie, les spectacles des tombeaux, des ossements, des crânes, des corps à demi consumés qu'on y voyait à la pâle lueur des torches funéraires, l'abattement, la consternation des convives, qui tendaient les bras au cadavre, et l'invitaient à venir prendre part au festin, quels objets plus capables d'épouvanter la multitude ! Aussi regarda-t-on comme un des plus sacrés devoirs de la religion l'usage et la solennité de ces fêtes nocturnes. Comment cette cérémonie s'est elle communiquée à toutes les nations ?
En Egypte, où l'ou avait tant de respect pour les morts, où les tombeaux inspiraient tant de vénération, l'usage des repas funèbres et nocturnes était fidèlement observé c'était par la que les Egyptiens terminaient la solennité des enterrements.
A Rome également les funérailles étaient toujours suivies d'un repas taciturne, que l'héritier donnait aux parents et aux amis du mort dans le lieu même où reposaient ses cendres.
Jadis dans la Courlande et dans la Semi-Galle, aussitôt qu'un citoyen avait rendu le dernier soupir, on le parait de ses plus beaux habits, on mettait dans ses mains ou à côté de lui une somme d'argent, fixée par la coutume, et quelques aliments; on l'enfermait dans un cercueil, et on le portait au tombeau, qui était toujours loin des villes, dans un champ ou dans une forêt. Là on découvrait le cercueil et l'on offrait à manger au cadavre. Pour l'engager a prendre de la nourriture les conducteurs du convoi funéraire mangeaient, et régalaient tous ceux qui avaient été invités : c'eût été une indécence que de boire sans saluer le défunt et sans l'inviter à en faire autant.
Dans les premiers temps on n'offrait aux âmes que du miel, du lait, des oeufs, du pain et du vin; mais quand les moeurs devinrent plus féroces on crut que les âmes des morts trouveraient plus de plaisir à boire du sang qu'à manger des légumes. Cette folle et cruelle idée fit que d'abord on répandit sur la tombe le sang des animaux, et bientôt le sang humain. Les femmes, les concubines, les esclaves, les captifs qui avaient appartenu à ceux dont on voulait honorer la mémoire, expirèrent sous les couteaux des sacrificateurs : c'était au milieu de ces affreuses hécatombes, au bruit des gémissements des victimes, et sur leurs membres palpitants que les amis du mort faisaient les repas funéraires ; c'était alors qu'animés par le vin et par l'horreur du spectacle, ils appelaient le mort ; c'était alors que, croyant voir son âme sous la forme d'un spectre hideux, d'un fantôme effroyable, ils lui disaient d'un ton lugubre et mal assuré : "Spectre ! Tu t'es levé de ton tombeau; est-ce pour venir avec nous, pour boire et manger comme nous ?"
Quand ce festin barbare était fini, qu'on croyait l'ombre satisfaite, qu'il n'y avait plus de malheureux à immoler, et que les convives peut-être sentaient au fond du coeur le tourment du remords, ils quittaient brusquement la table, et conjuraient le fantôme, que leur imagination échauffée leur montrait comme s'il eût été présent, de se retirer, et surtout de ne pas nuire à ses amis....
Ces mêmes cruautés, ces mêmes cérémonies étaient religieusement observées par les sauvages de l'Amérique.
Encore dans quelques contrées de la Louisiane, aussitôt qu'une femme noble, c'est-à-dire de la race du soleil, est morte, on étrangle sur sa tombe douze petits enfants et quatorze grandes personnes pour être enterrés avec elle ; et la même superstition qui a fait immoler ces victimes les change en autant de fantômes, que les sauvages de la peuplade croient voir toutes les nuits errer autour des tombeaux, et porter l'épouvante dans les cabanes comme les Vampires.
En donnant ainsi des repas et du sang aux morts, on pensait que les âmes en étaient reconnaissantes ; que leurs fantômes protégeaient ceux qui les honoraient ainsi, tandis qu'ils s'attachaient à poursuivre et à tourmenter ceux qui les négligeaient, ceux dont ils voulaient se venger, ceux qu'ils avaient quelque raison de haïr…
Quelle folie autorisait ces fables ? L'avarice des prêtres, qui régnaient par la crainte, sur la superstition ; leur orgueil, qui était intéressé à laisser végéter le peuple dans le terreur et l'ignorance.





Histoire des Vampires et des Spectres Malfaisans par Collin de Plancy

Publié le 01/03/2008 à 12:00 par legendiagoth
Histoire des Vampires et des Spectres Malfaisans par Collin de Plancy
CHAPITRE V.

Des spectres qui annoncent la mort. -- Aventures de Dion, de Brutus, de Cassius, de Drusus, de l'empereur Tacite, d'Alexandre III. -- Mélusine et quelques autres fantômes. -- Histoire singulière d'un gentilhomme espagnol.


Les fantômes dont on vient de parler n'apparaissent que pour tourmenter et battre. Les Vampires en faisaient autant, et de plus ils annonçaient la mort ; ou par leur simple apparition, on par des paroles formelles.
Sans avoir le nom de Vampires une multitude de spectres ordinaires ont apporté également des nouvelles de mort. Dion de Syracuse, étant une nuit éveillé dans son lit, aperçut une grande femme, semblable à une furie, qui balayait sa maison. Ce spectre disparut des que Dion eut appelé du monde. Mais son fils se tua quelques jours après ; Dion lui même fut assassiné, et sa famille fut balayée de Syracuse, comme le spectre avait semblé l'en avertir.
On se rappelle que Brutus, le meurtrier de César, étant sur le point de livrer bataille à Octave, vit entrer dans sa tente au milieu de la nuit, un spectre hideux et de forme monstrueuse, qui lui dit "Je suis ton mauvais démon ; tu me verras à Philippes." Cassius vit dans la même bataille un spectre qui portait la figure de César, et qui s'avançait pour le combattre. Brutus et Cassius, épouvantés de ces fantômes, se donnèrent la mort : du moins, des écrivains ont attribué leur mort à ce motif ; la perte de la bataille y fut sans doute aussi pour quelque chose.
Quand Drusus voulut passer l'Elbe pour continuer le cours de ses victoires, un spectre de femme lui apparut, et lui annonça que le terme de sa vie était proche. Drusus, effrayé, alla bientôt mourir au bord du Rhin.
Quelque temps avant la mort de l'empereur Tacite l'ombre de sa mère sortit de son tombeau, si l'on en croit Flavius Vopiscus, et se montra au monarque et à Florin son frère, qui moururent peu après l'un et l'autre .
Lorsque Alexandre III, roi d'Ecosse, célébrait ses troisièmes noces, on vit entrer, dans la salle on l cour était rassemblée pour le bal, un spectre décharné qui gambada devant le roi. Il mourut peu de temps après.
Camerarius raconte que de son temps on voyait souvent des fantômes sans tête, qui ouvraient de grands yeux, et qui allaient s'asseoir dans les églises sur les chaises des moines et des religieuses qui devaient bientôt mourir….
C'était, il n'y a pas encore longtemps, une croyance générale dans le pays que, toutes les fois qu'il devait mourir quelqu'un de la maison de Brandebourg, un spectre de femme parcourait les appartements du prince avec une chandelle à la main. Un page voulut, dit-on, arrêter un jour cette courrière de mort ; mais le fantôme le saisit à la gorge, et l'étouffa….
Cardan écrit également que dans la maison d'une noble famille de Parme, lorsque quelqu'un devait mourir, on ne manquait pas de voir un spectre de vieille assis sous la cheminée.
Toutes les fois que quelqu'un de la famille de Lusignan est menacé de quelque disgrâce, ou qu'un roi de France doit mourir d'une manière extraordinaire, la fameuse Mélusine vient pousser des cris sur les tours du château qu'elle a fait bâtir … Cependant il y a près d'un siècle qu'elle ne s'est montrée.
On lit cette singulière histoire, qui parait un peu ancienne, dans Antoine de Torquemada : "Un chevalier fort riche aimait une religieuse, laquelle, pour avoir moyen d'être avec lui, s'avisa de faire forger des clefs semblables à celles de l'église, ajoutant qu'elle trouverait moyen d'y entrer par un tour noir qui était là pour le service de la sacristie, et que là ils pourraient accomplir leurs dés honnêtes et abominables désirs.
"Le chevalier, fort content, fit faire les clefs ; et, pour ce que l'abbaye était un peu loin du village il s'y en alla au commencement de la nuit sans mener aucune compagnie, afin que son affaire fut plus secrète.
"Et voyant que l'église était ouverte, et qu'au-dedans il y avait une grande clarté de lampes et chandelles, et que les voix y retentissaient comme de personnes qui chantaient et faisaient l'office d'un trépassé, il s'épouvanta, et s'approcha pour voir ce que c'était, et, regardant de tous côtés, il vit l'église pleine de moines et prêtres, qui chantaient ainsi à ces funérailles, et avaient au milieu d'eux un tombeau fort haut, couvert de noir, et à tour une grande quantité de cierges allumés ; et ce qui le rendit plus étonné fut qu'il ne connaissait personne de tous ceux-là. Et, après avoir demeuré quelque temps à regarder, il s'approcha de l'un des prêtres, et lui demanda qui était ce défunt pour lequel on chantait ? Le prêtre lui répondit qu'un chevalier (il lui nomma son propre nom) était mort, et que c'était là son enterrement. Le chevalier se mit à rire, et lui répondit : ce chevalier-là est en vie, et par ainsi vous êtes abusé. Le prêtre répliqua : vous abusez vous-même. Et il retourna chanter. Le chevalier, ébahi, s'eu alla à un autre, auquel il fit la même demande, et cet autre lui fit la même réponse ; de manière que sans attendre davantage il sortit de l'église, et, remontant à cheval, il s'achemina vers sa maison.
"Et tout incontinent deux forts grands et noirs mâtins commencèrent à l'accompagner, l'un d'un côté, et l'autre de l'autre ; et, quoi qu'il fit et les menaçât avec l'épée, ils ne le voulurent abandonner jusqu'à ce qu'ils furent venus à la porte de sa maison, où il entra ; et comme ses serviteurs furent sortis au-devant lui, ils s'émerveillèrent de la voir tant changé et défait, pensant bien qu'il lui était advenu quelque chose. Ils lui demandèrent ce qu'il avait : le chevalier leur récita le tout de point en point, jusqu'à ce qu'il fût entré en sa chambre, où, achevant de raconter ce qui s'était passé, les deux mâtins noirs entrèrent, et, se jetant sur lui, le mirent en pièces, et le tuèrent sans qu'il fût être secouru. (Il reçut le paiement de son offense ; et plût à Dieu que tous ceux qui c'efforcent de violer les monastères des nonnains fussent châtiés en cette manière!...")

Histoire des Vampires et des Spectres Malfaisans par Collin de Plancy

Publié le 01/03/2008 à 12:00 par legendiagoth
Histoire des Vampires et des Spectres Malfaisans par Collin de Plancy
CHAPITRE VI.

Des Spectres et Démons qui donnent la mort. -- Spectres de Néocésarée, de l'Egypte, de Constantinople. -- Opinions des Musulmans sur la même matière. -- De quelques personnes tuées par le Diable. -- Histoire de l'Esprit l'Hildeishem.


Ce n'était pas assez d'imaginer les apparitions, de les rendre effrayantes ; l'homme, généralement mauvais, attribua aux esprits et revenants ses qualités méchantes : il avant donné aux fantômes, que sa faiblesse venait de créer, le penchant et la pouvoir de tourmenter les vivants. Les spectres annoncèrent la mort, et bientôt ils l'apportèrent avec eux.
Il est vrai que l'on ne conçoit pas aisément comment un esprit peut donner un coup de pied dans l'épaule d'une jeune fille, ou un coup de poing dans le ventre d'un pauvre homme ; mais il ne faut s'étonner de rien avec les légendaires et les démonomanes. Césaire de Cîteaux conte, dans son livre de miracles, qu'un moine ayant passé devant un tableau qui représentait S. Jean-Baptiste, sans le saleur comme la révérence l'ordonne, l'image du saint se détacha de la toile, renversa le moine et l'éventra à coups de pieds.
Puisque les revenants et spectres se battent sensiblement avec les hommes, sans doute il faut admettre qu'ils apparaissent en corps et en âme comme les Vampires ; autrement le plus subtil théologien ne pourra expliquer leur action. Amphiloque dit, dans la vie de S. Bazile, que le spectre de S. Mercure tue l'empereur Julien : il est vrai que ce fut avec une hallebarde de suisse ; mais encore fallait-il une main pour le porter.
S. Grégoire de Nysse assure que, dans une grande peste qui ravagea la ville de Néocésarée, on vit en plein jour des spectres qui entraient dans les maisons, et y apportaient la mort.
Jean, évêque d'Asie, dit que pendant la grande peste qui eut lieu sous l'empereur Justinien, on voyait dans les barques d'airain des spectres noirs et sans tête, qui voguaient sur la mer, et s'avançaient vers les lieux où l'épidémie commençait ses ravages. Cette infection ayant dépeuplé une ville d'Egypte, en sorte qu'il n'y restait plus que huit personnes, ces malheureux voulurent se sauver ; mais ils furent arrêtés par les spectres, et partagèrent le sort de tous leurs compatriotes.
Le même évêque Jean raconte aussi que, dans une grande peste qui enlevait à Constantinople quinze à seize mille personnes par jour, on voyait par la ville des démons et des fantômes qui couraient de maison en maison, sous des habits de moine, et qui y apportaient la mort. Ce dernier trait ressemblerait à une épigramme s'il ne nous venait d'un saint évêque qui n'en faisait pas.
Les Musulmans croient aussi que les ombres des méchants peuvent donner la mort. On cite je ne sais quel petit prince qui, ayant tué son père pour avoir ses états, fit mourir encore son fils afin de régner plus paisiblement. Le spectre paternel l'avait épargné; le fantôme de son fils le poursuivit sans relâche, en lui disant. Je te tuerai comme tu as tué ton père. Le petit despote tomba de cheval, et en mourut .
Dans les contrées soumises à Mahomet on admet également des esprits (Fagia ou Fages) qui donnent la mort aux hommes . On voit dans la bibliothèque orientale de d'Herbelot que le sultan Moctadi-Bemvilla, fut tué dans ne festin, au milieu de ses femmes, par un de ces esprits malfaisants.
Nous donnons de même aux démons le pouvoir d'étouffer, d'étrangler, d'emporter les vivans. On sait que le diable tua les sept premiers maris de la jeune Sara ; qu'un mauvais ange extermina les premiers nés des Egyptiens ; qu'un autre tua ceux des Hébreux qui murmuraient dans le désert ; qu'un autre ou peut-être le même fit un horrible massacre de l'armée de Sennachérib, etc.
Césaire de Cîteaux fait l'histoire d'un joueur que le diable emporta après lui avoir gagné tour son argent au trictrac. Gabrielle d'Estrées fut étouffée, et Carlostad étranglé par un mauvais ange : beaucoup d'autres eurent le même sort. On lit dans l'Histoire de la magie en France la terrible et effroyable aventure du pauvre l'Espèce, qui ayant perdu tout son argent au jeu, "se mit à maugréer Dieu et les saints, et dépita souvent la Vierge Marie, mère de Dieu, en disant : En dépit de Dieu et de la pute Marie! Mais, la nuit venue, un gros et horrible monstre s'approcha du vaisseau où l'impie ronflait, et le mangea."
Au diocèse d'Hildeisheim en Saxe, vers l'an 1152, on vit longtemps un fantôme que les Saxons appelaient l'esprit au Bonnet à cause de sa coiffure. Il s'était logé chez l'évêque, à qui il donnait souvent de sages conseils : il portait aussi de l'eau à la cuisine. Mais ayant été insulté par un marmiton sans qu'on fît droit à ses plaintes, il étouffa ce petit malheureux, et le fit cuire… Dès lors cet esprit, qui s'était montré si doux, devint si méchant qu'il fallut l’exorciser .

Histoire des Vampires et des Spectres Malfaisans par Collin de Plancy

Publié le 01/03/2008 à 12:00 par legendiagoth
Histoire des Vampires et des Spectres Malfaisans par Collin de Plancy
CHAPITRE VII.

Des incubes et succubes. -- Histoire de Pierron, de Boucher, de Thibaud de la Jacquière. -- Aventure de la fille d'un prêtre de Bonn. -- Aventure d'une jeune Anglaise. -- Le cauchemar.


Les anciens et les modernes ont entendu par incubes et succubes des spectres et des démons qui viennent coucher avec les mortels, et partager leurs caresses. Les succubes, sous de formes de femmes, s'attachent aux hommes ; les incubes sous des formes d'hommes s'adressent aux dames. Ces sortes de fantômes tiennent au sujet que nous traitons, puisqu'ils se présentent avec un corps matériel et sensible, et que souvent ils ne caressent que pour étouffer.
On ferait d'énormes volumes sur les épouvantables histoires des incubes et des succubes ; nous nous contenterons de citer le plus célèbres.
Nicholas Remy rapporte, dans sa Démonolâtrie, qu'un berger lorrain, nommé Pierron, homme marié, et qui avait même un jeune garçon de huit à dix ans, conçut un violent amour pour une fille de son village. Un jour qu'il songeait à cette fille, elle lui apparut, ou plutôt un démon sous sa figure. Pierron lui avoue son amour : elle veut bien y répondre, mais à condition qu'il lui sera soumis en toutes choses. Le berger y consent, et prend ses plaisirs avec le spectre.
Quelque temps après la prétendue fille donne au fils du berger une pomme qui l'empoisonne. Pendant que le père et la mère s'abandonnent au désespoir sur la mort de leur enfant unique, la fille infernale parait, et dit : "Si tu veux m'adorer, je te rendrai ton enfant." Le paysan se met à genoux, et son fils se ranime. Il vécut ainsi pendant une année ; mais an bout de ce temps la fille quitta le pays ; le jeune homme remourut, et on l'enterra sans cérémonie dans un champ écarté.
Ambroise Paré raconte, dans son livre des Monstres, chap. XXVIII, qu'un valet, nommé Boucher, étant profondément plongé dans des pensées de luxure, un démon ou spectre lui apparut sous la figure d'une belle femme. Il n'eut pas de peine à en obtenir les plus précieuses faveurs ; mais incontinent son ventre et ses cuisses s'enflammèrent; tout son corps s'embrasa, et il mourut misérablement.
Un jeune libertin qui se nommait Thibaud de la Jacquière, était l'amoureux de toutes les femmes. Un démon se présenta à lui sous la figure d'une belle demoiselle : Thibaud profita de l'occasion ; mais tandis qu'elle le serrait dans ses bras, la demoiselle reprit sa forme de diable, ses griffes et ses dents, et étrangla Thibaud.
"Un prêtre de Bonn, nommé Arnold, qui vivait au douzième siècle, avait une fille extrêmement belle. Il veillait sur elle avec le plus grand soin, à cause des chanoines de Bonn, qui en étaient amoureux ; et toutes les fois qu'il sortait il l'enfermait seule dans une petite chambre.
"Un soir qu'elle était enfermée de la sorte un diable ou un esprit l'alla trouver sous la figure d'un beau jeune homme, et se mit à lui faire l'amour. La jeune fille, qui était dans l'âge où le coeur parle avec force, se laissa bientôt séduire, et accorda à l'amoureux démon tout ce qu'il désirait. Il fut constant contre l'ordinaire, et ne manqua pas désormais de venir passer toutes les nuits avec sa belle amie. Enfin elle devint grosse, et d'une manière si visible que force lui fut de l'avouer à son père ; ce qu'elle fit en pleurant à chaudes larmes. Le prêtre, attendri et affligé, n'eut pas de peine à découvrir que sa fille avait été trompée par un incube : c'est pourquoi il l'envoya bien vite de l'autre côté du Rhin pour cacher sa honte, et la soustraire aux recherches de son amant.
"Celui-ci arriva le lendemain, et tout surpris de ne plus revoir sa belle, --Mauvais prêtre, dit-il au père, pourquoi m'as-tu enlevé ma femme? En disant cela il donna au prêtre un bon coup de poing dans l'estomac, duquel coup de poing le prêtre mourut au bout de trois jours.-- On ne sait pas ce que devint le reste de cette histoire
Une jeune anglaise, allant dans un bois à un rendez-vous amoureux, trouva un esprit ou démon sous la forme de l'amant qu'elle cherchait, et lui abandonna ses plus chères faveurs. A son retour, elle se sentit attaquée d'une maladie cruelle, et en accusa son ami, qui se justifia en prouvant un alibi. On soupçonna quelque diablerie, et ces soupçons se confirmèrent lorsqu'on vit au bout de quelques jours, la pauvre fille mourir tout corrompue, et devenir si pesante que huit hommes purent à peine la mettre en terre.
Une autre jeune fille, grosse du fait du diable, accoucha d'un monstre, le plus vilain qu'on eût jamais
Toutes ces histoires sont bien hideuses ; mais l'imagination des théologiens peut-elle s'arrêter !
On ne savait pas encore au 15 siècle ce que c'était que le cauchemar. On en fit un monstre ; c'était un moyen prompt de résoudre la difficulté. Les uns soutinrent que la cauchemar était un spectre (un vrai Vampire) qui pressait le ventre des gens endormis pour les étouffer : les autres prétendirent que c'était un incube qui étranglait les dormeurs en exerçant sur eux sa lubricité. Delrio, qui appelle le cauchemar incubus morbus, dit que c'est un démon dépuceleur.
Chez les anciens toute fille qui perdait ses gants accusait un dieu de sa faiblesse; dans le christianisme les dieux vieillis furent remplacés par les démons et les fantômes.



Histoire des Vampires et des Spectres Malfaisans par Collin de Plancy

Publié le 01/03/2008 à 12:00 par legendiagoth
Histoire des Vampires et des Spectres Malfaisans par Collin de Plancy
CHAPITRE VIII.

Amours de Machatès et du Spectre de Philinnion. -- Histoire analogue d'une Ressuscitée de la rue Saint-Honoré.

Un jeune homme de Tralles en Asie, nommé Machatès, entretenait un commerce d'amour avec la belle Philinnion, fille de Démostrate et de Charito, sans que les parents en fussent instruits. Cette jeune fille étant morte à l'insu de son amant, son spectre continua de venir passer la nuit avec lui ; et, voulant sans doute resserrer les liens d'un amour que la tombe aurait dû éteindre, elle lui donna un anneau d'or qu'elle avait au doigt, et une bandelette de lin qui lui couvrait l'estomac ; elle reçut en retour de Machatès un anneau de fer et une coupe dorée.
"Un soir cependant quelqu'un, ayant aperçu Philinnion auprès de Machatès, courut en donner avis à sa famille. Les parents, qui avaient assisté aux funérailles de leur fille, ne purent croire d'abord ce qu'on leur racontait ; mais, étant entrés pendant la nuit dans de logis de Machatès, ils reconnurent Philinnion, et coururent à elle pour l'embrasser. "Arrêtez, s'écria-t-elle ; pourquoi m'ôtez-vous mon bonheur ?..." En même temps le spectre tomba inanimé sur le lit. On alla visiter le tombeau où Philinnion avait été mise : on n'y trouva que l'anneau de fer et la coupe dorée que lui avait donnés son amant. On l'enterra donc une seconde fois ; et Machatès, épouvanté d'avoir couché avec un spectre, se donna la mort ."
On lit dans le tome VIII des Causes célèbres une anecdote qui peut en expliquer plusieurs autres. Un marchand de la rue Saint-Honoré, à Paris, avait promis sa fille à un de ses amis, marchand comme lui dans la même rue ; mais un financier étant devenu amoureux de la jeune fille, le père le préféra : la mariage se fit. Peu de temps après les noces la jeune épouse tomba malade ; et, comme ont la crut morte, on l'ensevelit, et on l'enterra. Son premier amant, pensant qu'elle n'était peut être qu'en léthargie, la fit tirer de terre pendant la nuit : il eut le bonheur de la trouver vivante ; on la fit revenir, et il l'épousa. Ils passèrent en Angleterre, et y vécurent heureux et tranquilles.
Au bout de dix ans ils revinrent à Paris, et le premier mari, ayant reconnu sa femme dans une promenade, la réclama en justice. Ce fut la matière d'un grand procès : la jeune fille et son second mari se défendaient sur ce que la mort avait rompu les liens du premier mariage ; ils reprochaient aussi au financier d'avoir trop précipitamment fait enterrer sa femme. Néanmoins, comme ils prévoyaient qu'ils pourraient succomber, ils se retirèrent de nouveau dans une terre étrangère, où ils finirent leurs jours en paix.
"Qui nous dira, ajout D. Calmet, que dans l'histoire de Phlégon la jeune Philinnion ne fut pas mise ainsi dans un caveau, sans être bien morte, et que toutes les nuits elle ne vint voir naturellement son amant Machatès?" Son retour dut être d'autant plus facile qu'elle n'était ni ensevelie, ni enterrée.



Histoire des Vampires et des Spectres Malfaisans par Collin de Plancy

Publié le 01/03/2008 à 12:00 par legendiagoth
Histoire des Vampires et des Spectres Malfaisans par Collin de Plancy
CHAPITRE IX.

Des Loups-garous ou Hommes Loups, qui mangeaient des enfants et buvaient du sang humain.


Tous ces traits, et surtout les spectres qui tuent, le fantôme de Philinnion et de ces autres mortes qui viennent en corps et en âme coucher avec les vivants, tiennent de près au Vampirisme. Nous allons approcher encore des Vampires dans leur perfection en parlant des loups-garous et des spectres qui mangent de la chair et qui boivent du sang.
La foi aux loups-garous et aux métamorphoses des hommes en bêtes est très ancienne : On voit dans la Bible Nabuchodonosor changé en bœuf ; dans Homère, les compagnons d'Ulysse changés en pourceaux ; dans Ovide, Lycaon changé en loup, etc.
On a vu des gens se croire des pots de terre, et s'éloigner des passants pour n'en être pas heurtés. L'immortel Pascal s'imaginait toujours qu'il était sur le bord d'un précipice. Ajax en fureur croyait exterminer les princes grecs en égorgeant un troupeau de moutons, comme Don Quichotte perçait des ailes de moulin à vent en se persuadant qu'il pourfendait des géants.
Ceux qui sont attaqués de la Lycanthropie (maladie aujourd'hui extrêmement rare) s'imaginent qu'ils sont des loups, et agissent en conséquence . Virgile parle dans une de ses églogues des moyens qu'employaient les bergers pour se changer en loups. Dans l'Incrédulité savante le P. Jacques d'Autun conte qu'un roi de Bulgarie prenait fréquemment la figure d'un loup pour épouvanter ses peuples. Pline fait l'histoire d'un certain Antaeus, dont la race avait le privilège de se transformer en loups et de courir les bois.
On assure aussi qu'en coupant la patte d'un loup-garou, on détruit le charme de sa métamorphose : on le force à redevenir homme ; mais avec la main ou le pied coupé. C'est ce qui arriva à la femme d'un gentilhomme d'Auvergne, qui voulait, sous sa forme de louve, faire violence à un chasseur qui en se défendant lui abattit la patte droite, et son mari la fit brûler, comme c'était l'usage dans ce temps là .
On sait que la qualité distinctive des loups-garous est un grand goût pour la chair fraîche. Delancre assure qu'ils étranglent les chiens et les enfants ; qu'ils les mangent de bon appétit ; qu'ils marchent à quatre pattes ; et qu'ils hurlent comme de vrais loups, avec de grandes gueules, des yeux étincelants, et des dents crochues.
On poursuivit en justice à Besançon, l'an 1521, trois loups-garous fameux, Pierre Burgot, Michel Verdun, et le gros-Pierre. Tous trois confessèrent qu'ils s'étaient donnés au diable. Michel Verdun avoua qu'ayant mené Burgot dans un lieu écarté, ils avaient dansé en l'honneur de Lucifer, avec des chandelles vertes à la main ; et, que s'étant ensuite frottés de graisse, ils s'étaient trouvés changés en loups. "Dans cet état ils s'accouplaient aux louves avec autant de plaisir qu'ils le faisaient aux femmes, quand ils étaient hommes. Burgot convint qu'il avait tué un jeune garçon avec ses pattes et dents de loup, et qu'il l'allait manger si les paysans ne lui eussent donné la chasse. Michel Verdun confessa qu'il avait tué une jeune fille occupée à cueillir des pois, et que lui et Burgot avaient tué et mangé quatre autre petites paysannes : ils désignaient le temps, le lieu, et l'âge des enfants qu'ils avaient dérobés." Ces malheureux furent condamnés être brûlés vifs ; et leur histoire fut peinte dans l'église des Jacobins de Poligny. Sur ce tableau remarquable chaque loup avait la patte droite armée d'un couteau de cuisine .
Bodin raconte sans rougir qu'en 1542 on vit un matin cent cinquante loups-garous sur une place publique de Constantinople. L'auteur de la Réalité de la Magie et des Apparitions ajoute que ce fait est constaté dans les journaux du temps. Il serait curieux de voir les journaux de la Turquie en 1542. La même auteur (M. l'abbé Simonnet,) qui a pris à tâche de faire en 1819 une compilation digne à peine du 13e siècle, raconte ensuite l'histoire de trois jeunes gens qui estropièrent leurs soeurs et leurs maîtresses, déguisées en louves ; et il dit qu'il a tiré cela d'une chronique de Poitiers : mais cette chronique et cette histoire n'existent que dans le tête de M. Simonnet. Il était inutile de supposer des contes de loups-garous, tandis que l'ouvrage de Nynauld sur la lycanthropie en est tout farci.
Au reste jusque vers le milieu du 17e siècle on voyait partout en Europe des loups-garous, des sorciers et des spectres. Tous les écrivains dévots en parlent avec frémissement. On est tout surpris de trouver dans l'admirable roman de Persiles et Sigismonde, le dernier ouvrage de Cervantès, des îles de loups-garous et des sorcières qui se changent en louves, pour enlever les hommes dont elles sont amoureuses.
On brûlait tours les jours un grand nombre de malheureux hypocondres, accusés de lycanthropie ; et les théologiens et dévots se plaignaient continuellement de ce qu'on n'en brûlait pas assez. Delancre propose comme un bel et très juste exemple, un trait qu'il a pris je ne sais où, d'un duc de Russie, "lequel, averti qu'un sien sujet se changeait en toutes sortes de bêtes, l'envoya chercher; et, après l'avoir enchaîné, lui commanda de faire une expérience de son art ; ce qu'il fit, se changeant aussitôt en loup : mais ce duc, ayant préparé deux dogues, les fit élancer contre ce misérable, qui aussitôt fut mis en pièces."
On amena au médecin Pomponace un paysan atteint de lycantropie, qui criait à ses voisins de s'enfuir s'ils ne voulaient pas qu'il les mange. Comme ce pauvre homme n'avait rien de la forme d'un loup les village ois persuadés pourtant qu'il l'était, avaien commencé à l'écorcher pour voir s'il ne portait pas le poil sous la peau. Pomponace le guérit, comme on en eût guéri bien d'autres si on n'eût mieux aimé les brûler pour épouvanter les indévots .
Les loups-garous n'étaient pas les seuls en ces bons temps qui mangeassent de la chair fraîche. Sans parler des ogres, que l'on redoute encore dans un foule de villages, il y avait bien d'autres Vampires, qui à la vérité n'étaient pas morts, mais qui n'en étaient pas moins malfaisants. On ne rapportera point ici la hideuse histoire de Gilles de Laval, qui fit mourir des centaines d'enfants pour satisfaire à une démence infâme à des débauches qu'on ne se hâta pas de punir, parce que le coupable était puissant.
Ouvrez les théologiens qui ont décrit le sabbat, vous y verrez des sorcières occupées à faire cuire et à manger de jeunes enfants… On voyait brûler les sorciers ; il fallait des crimes ; on leur attribuait les idées les plus horribles : on les leur faisait avouer avec les doux moyens de la torture.




Histoire des Vampires et des Spectres Malfaisans par Collin de Plancy

Publié le 01/03/2008 à 12:00 par legendiagoth
Histoire des Vampires et des Spectres Malfaisans par Collin de Plancy
CHAPITRE X.

Des Lémures. -- Des Lamies. -- Gello, Gilo, Eurynome. -- Des Stryges.


Les anciens donnaient aux âmes des méchants et de ceux qui mouraient de mort violente le nom de Lémures ; ces Lémures étaient de véritables Vampires. On voit, dans Apulée et dans Ovide, que ces spectres n'apparaissaient que pour menacer, épouvanter et tourmenter les vivants.
Les Romains redoutaient tellement ces Lémures qu'ils instituèrent des cérémonies religieuses pour les apaiser. On nommait ces cérémonies Lemuria. Le père de famille se levait à minuit, pendant que tout sa maison était endormie ; il allait, pieds nus, en grand silence, et rempli d'une sainte frayeur, à une fontaine, faisant un peu de bruit par le craquement de ses doigts pour écarter les mânes. Après s'être lavé trois fois les mains il s'en retournait en jetant de grosses fèves noires par-dessus sa tête, et disant : "Je me rachète, moi et les miens, par ces fèves." Ce qu'il répétait neuf fois sans regarder derrière lui. Il s'imaginait que le spectre qui le suivait ramassait ces fèves sans être aperçu ; il prenait de l'eau une seconde fois, frappait sur un vase d'airain, et priait neuf fois l'ombre de sortir de sa maison ; après quoi il retournait à son lit.
Outre les Lémures les anciens craignaient encore d'autres spectres ou esprits malfaisants, qu'ils appelaient Lamies. Wierius, dans son livre des Lamies applique ce nom aux sorcières et enchanteresses ; mais les Grecs entendaient par Lamies des spectres hideux qui hantaient les déserts, et qui avaient des figures de femme avec des têtes de dragon aux pieds. Dion Chrysostôme dit que les Lamies étaient nombreuses dans la Lybie ; quelles montraient leur sein aux hommes pour les attirer, et qu'elles dévoraient ceux qui avaient l'imprudence de s'approcher d'elles. Philostrate, dans la vie d'Apollonius de Thianes, parle d'une Lamie qui couchait avec les hommes pour les manger.
Les Lamies étaient surtout friandes du sang des petits enfants, qu'elles suçaient jusqu'à les faire mourir. Delrio cite deux spectres ou Lamies , la première nommée Gello, qui errait dans l'île de Lesbos, enlevait les enfants qui venaient de naître pour les dévorer. Gilo, la seconde, avait les mêmes habitudes. Nicéphore assure qu'elle enleva un jour le petit Maurice (depuis empereur); mais elle ne put le manger, parce qu'il portait des amulettes.
On peut citer encore à la suite des Lamies le spectre ou démon Eurynome, qui mangeait les corps morts, et n'en laissait que les os.
Chez les orientaux les Lamies déterrent les cadavres dans les cimetières, et en font de grands festins. Ces Vampires chez les Perses se nomment Gholes.
On trouve dans les théologiens de l'antiquité plusieurs monstres du même genre, qui dévoraient les corps morts lorsque les vivants leur épouvantaient le crédule vulgaire. C'est en menaçant nos pères de démons et de spectres qui mangeaient le sein des femmes et suçaient le sang des maris qu'on parvint, sous Charlemagne, à établir la dîme en France. On attribuait ces menaces à Jésus-Christ même, qui avait écrit une lettre aux Français tout exprès pour cela.
Nous arrivons aux Stryges. C'étaient de vielles Lamies chez les anciens . Chez nos ancêtres c'étaient des sorcières ou des spectres qui mangeaient les vivants. Il y a même dans la loi salique un article contre ces monstres. "Si une stryge a mangé un homme, et qu'elle en soit convaincue, elle paiera une amende de huit mille deniers, qui font deux cents sous d'or." Il parait que les stryges étaient communes au Ve siècle, puisqu'un autre article de la même loi condamne à cent quatre-vingt-sept sous et demi celui qui appellera une femme libre stryge ou prostituée.
Comme ces stryges sont punissables d'amendes, quelques-uns ont cru que ce nom devait s'appliquer exclusivement à des magiciennes. Main en ces temps-là on soumettait aux lois les spectres et les fantômes aussi bien que les êtres encore vivants : les capitulaires de Charlemagne et de Louis le Débonnaire imposent de graves peines aux fantômes enflammés, qui paraissaient dans les airs… Et ces apparitions lumineuses étaient des aurores boréales…
Le même Charlemagne, dans les Capitulaires qu'il composa pour les Saxons, ses sujets de conquête, condamne à la peine de mort (avec plus de raison) ceux qui auront fait brûler des hommes ou des femmes accusés d'être stryges. Le texte se sert des mots stryga vel masca ; et l'ou sait que ce dernier terme signifie, comme larva, un spectre, un fantôme.
On peut remarquer dans ce passage des Capitulaires que c'était une opinion généralement reçue chez les Saxons qu'il y avait des sorcières et des spectres qui mangeaient ou suçaient les hommes vivants ; qu'on les brûlait ; et que pour se préserver désormais de leur voracité on mangeait la chair de ces stryges ou Vampires. Nous verrons quelque chose de tout semblable dans le traitement du Vampirisme au 18e siècle.
Enfin ce qui doit prouver encore que les Lamies ou stryges des anciens étaient de véritables Vampires, c'est que chez les Russes et dans quelques contrées de la Grèce moderne, où le Vampirisme a exercé ses ravages, on a conservé aux Vampires le nom de Stryges.






1 2 3 4 | >>> | Dernière page




forum